On s'étonne que l'économie allemande soit si prospère. C'est sûr que ce n'est pas en profs qu'ils se ruinent... J'ai pu découvrir ça à l'occasion de la semaine de correction de copies.
Là où en France (en tous cas à l'INSA et à l'ENS, les deux cadres que je connais) les cours magistraux réunissent quelques centaines de personnes au max, puis les travaux dirigés (séances d'exercices) se déroulent à une trentaine d'élèves, ici les cours magistraux tournent autour de 2000 étudiants et les TD autour de 200 voire 500.
En France, chaque groupe de TD a son enseignant attitré, qui se retrouve à corriger les copies de son groupe à la fin du semestre, soit une trentaine de copies. En Allemagne, les chargés de TD se retrouvent avec des paquets énormes. Et bien sûr, il n'existe personne à l'université qui soit chargé à 100% d'enseignement. Les profs agrégés n'existent pas , donc l'ensemble des cours/TD sont délivrés par des gens qui ont déjà une charge de recherche et/ou d'administration par ailleurs. Du coup, c'est la solidarité qui prime, tout le monde dans le labo se retrouve avec un paquet à corriger. Quand mon chef m'a annoncé 350 copies, j'ai cru tomber de ma chaise (c'était avant de connaître le système décrit plus haut) mais finalement, ça a été moins pire que prévu.
D'une part, la correction se déroule dans cette salle :


Convivialité, soleil et musique accompagnent le dur labeur du correcteur. J'ai ainsi pu découvrir que Nolwenn Leroy cartonne à la radio allemande avec "Le loup, le renard et la belette"... Ensuite, on ne corrige pas l'intégralité de l'examen, juste une partie. Comme ça c'est équitable pour tous les étudiants. Enfin en théorie, puisque sur 315 copies, la correction a tendance à évoluer un peu. Sur les 6 boîtes que j'ai corrigées, je suis repassée sur les 3 premières histoire de réajuster. J'ai été relativement chanceuse sur la partie qui m'a été confiée puisqu'elle était courte. Donc en deux jours, c'était terminé.
Et enfin, la motivation de cette salle est concentrée sur le tableau de la photo du bas : on s'y voit attribuer une partie à corriger et des boîtes de copies. Et plus on avance, plus on coche les cases. Et vous pouvez voir, dans la première colonne du tableau de droite, que cet argument a bien joué sur moi :-)
Je n'aurais jamais cru me retrouver avec plusieurs centaines de copies à corriger un jour. Voilà, c'est fait, en attendant le semestre prochain où, avec moins de chance, je pourrai me retrouver dans le même cas que ceux du tableau de gauche : 735 copies...

Deux mille étudiants dans pour un cours ? Ils travaillent dans des salles de concerts ?
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