samedi 7 juillet 2012

Roulé chocolat/pistache

Hier, dans la voiture en revenant de notre visite à BMW, Daniel me rappelle le gâteau que j'avais ramené au labo au tout début (pour mémoire). Il en garde un très bon souvenir et souligne que je suis le seul à avoir ramené un gâteau à Hochbruck (mon bureau est à Hochbruck, dans un bâtiment tout neuf, alors que les gâteaux se mangent en général dans l'autre bâtiment, à l’université). Cette petite flatterie a un objectif bien précis : que je ramène à nouveau un gâteau !! Ca tombe bien, j'ai un nouveau jouet à tester et de la pâte de pistache à utiliser. J'ai donc réalisé un roulé à partir d'une génoise à la pistache, la même que pour les gâteaux aux fraises, la pistache en plus, et d'une ganache au chocolat (recette de notre site préféré).


La génoise est bien cuite et bien régulière, par contre la pâte de pistache a une odeur... originale...


Le roulage s'est bien passé. Comme dirait ma femme, j'ai choisi la facilité : plus facile de rouler avec de la ganache qu'avec de la mousse au chocolat... Reste à attendre les retours de nos goûteurs...



jeudi 5 juillet 2012

Plus fort que la vache, la chèvre, la poule et la brebis réunis !!

Grosse actualité ces derniers temps avec la reprise du travail après les vacances. Les jours se suivent et se ressemblent. Je fais mes 40,1 heures par semaine, Aline un peu plus : réunions, travail, réunions, présentations, puis footing, danse et bon miam-miam. Du coup, nous n'avons pas de choses très intéressantes à écrire ici depuis les 10 derniers jours. Aline en a profité pour vous raconter un peu son travail, je devrais en faire autant d'ici quelques temps ; mon "big project" commence dans exactement une semaine. 
Mais ce soir c'est un autre sujet qui m'amène. J'ai décidé de tomber plus bas que terre, de me pencher pour sentir le bitume chaud abimé par le passage incessant des pneus surchauffés des mercedes climatisées, de plier les genoux pour tomber dans l'herbe verte et grasse de la pluie quotidienne arrosée, de ramasser le chewing-gum à la fraise craché il y a maintenant 10 jours par cette adolescente au visage disgracieux et aux cheveux clairsemés, de me rouler dans ce mélange de glaise et de matière fécale animale tapissant le chemin qui me mena par un beau matin jusqu'à ce petit mont. Ce soir, j'ai décidé de vous parler d'une de mes dernières découvertes, la fabrication du fromage double fermenté, plus fort que n'importe quel autre fromage ayant, un jour, mis le bout de sa boite en bois dans l'entrebâillement de notre frigo. 
Certains ont des rêves de brebis, de Larzac sous la pluie, de cabane en bois sans eau courante pendant 3 mois et d'odeur imprégnée jusque dans la lymphe prête à combattre les invasions de tiques, poux, araignées et autres bêtes à petites pattes. Mais ici, j'ai réalisé mon rêve de fromager beaucoup plus simplement, à partir d'un simple frigo et d'une boite de Philadephia 0% (l'histoire ne dit pas si cela fonctionne aussi avec du 20 ou du 40%). La boite de Philadelphia donc, blanche qu'elle fut au départ, est entamée mais fermée et reste pendant 2 petits mois dans le fond du frigo, à l'abri des regards indiscrets. Elle fait sa petite affaire, je soupçonne quelques incartades avec des champignons, voire même un petit tour derrière les fourrés avec une bactérie. Quand après tout ce temps la découverte de l'abandonnée est faite, arrive le moment délicieux. On ouvre la boite, et oh émerveillement, le blanc est changé en gris, le plomb en or, la matière en poussière, la douceur en aigreur... Comme par ici nous ne sommes pas du genre à jeter, nous avons bien sur gouter notre découverte. Les mots me manquent pour vous décrire le phénomène, ma mâchoire est crispée, mon nez est parti, même mes oreilles s'ébattent pour prendre leur envol. Non vraiment, je ne peux seulement que vous conseillez, comme nous, de vous lancer dans la fabrication du fromage à double fermentation maison. 


Bon appétit !!

lundi 2 juillet 2012

7 mois de contrat et premier séminaire d’équipe

Il y a deux mois, mon chef m'a demandé si je voulais bien présenter mon travail en séminaire d’équipe. Je crois que l'on n'a pas trop le choix dans ce genre de situation, alors j'ai accepté. Ça met un peu la pression, j'avais peur que les autres pensent que mon boulot n'est pas terrible, mais ça n'a eu finalement que des avantages : d'une part, préparer la présentation m'a permis de prendre un peu de recul sur mon travail ; d'autre part, j'ai eu plein de questions pertinentes, ça permet de progresser. Une heure de séminaire très constructive !

Alors voila quelques points que j'ai présentés :

- Je fais des essais de traction sur des éprouvettes de poumon de rat. On suppose que les tissus de rat se comportent comme les tissus humains, et aussi que solliciter le tissu en traction représente suffisamment bien la sollicitation réelle sur le tissu pendant la respiration. J'obtiens ce genre d'image :

Une éprouvette prête à être testée

- A partir de ces images, je fais de la corrélation d'images : cette méthode, basée sur du traitement d'images, permet de déterminer le déplacement de tous les points de l’éprouvette pendant l'essai. A la fin, si on ne considère par exemple que les bordures de l’échantillon, on obtient ça :

Un essai de traction avec, en croix bleues, le suivi du déplacement des points de la bordure

- Ces mesures me permettent de simuler l'essai, c'est-a-dire de faire le même essai de traction, mais de façon virtuelle, avec un logiciel disponible au laboratoire. J'obtiens ce genre d'image :

Résultat d'une simulation d'essai de traction

- Le but maintenant est de faire en sorte que la simulation et l'essai réel donnent le meme résultat. Pour cela, on adapte les paramètres d’entrée de la simulation, jusqu’à ce que les déplacements des points de l’éprouvette virtuelle soient égaux a ceux de l’éprouvette réelle. On utilise pour cela un algorithme d'optimisation existant depuis longtemps, créé par des matheux dans les années 60 et un peu amélioré depuis. En fait il y a beaucoup de maths dans ce qu'on fait. Cette optimisation donne par exemple les résultats suivants : en trait fin et petites croix, nous avons le déplacement mesuré expérimentalement dans la direction de traction ; en trait plus épais (quelle que soit la couleur), le déplacement obtenu par la simulation.

Au départ, l’écart est grand entre simulation et expérimentation.

A la fin, c'est bien mieux.

En utilisant une loi matériau plus adaptée, c'est encore mieux.

La dernière image est ce que je cherche a obtenir depuis le début : faire que ça colle bien entre essai et simulation. Ça n'est pas parfait, mais il y a une nette amélioration par rapport a la première image. Ça veut dire que le matériau "poumon" virtuel, utilisé dans la simulation, ressemble plus a du vrai poumon. Du coup, le modèle de poumon qui est développé dans mon laboratoire, sera plus proche d'un vrai poumon qu'avant. Encore une fois, c'est encore loin d’être parfait, j'ai plein de problèmes a résoudre, mais voila en gros en quoi consiste mon expatriation a Munich :-)